Discours du vendredi 21.08.2020 : » La hijra (l’émigration) du Prophète : L’école de la fidélité «
La hijra (l’émigration) du Prophète : école de la fidélité
La hijra n’était pas un acte si simple. Il ne s’agissait pas de quitter un pays pour un autre avec de meilleures conditions de vie. La hijra signifiait, pour le Prophète et ses Compagnons, de délaisser les demeures, les richesses, les affaires, … les souvenirs… Ce n’était pas une fuite ou une évasion, mais elle a eu lieu après une minutieuse préparation pour une action grandiose en faveur d’un message noble et important. Son but était de préserver les principes de la foi ainsi que les valeurs suprêmes pour vivre en paix sur terre. C’est pourquoi Allah soubhanah a multiplié la récompense des Mouhajirines (les émigrants) : « Ceux qui émigrent dans le sentier d’Allah et qui sont tués ou meurent, Allah leur accordera certes une belle récompense, car Allah est le meilleur des donateurs. (59) Il les fera, certes, entrer en un lieu qu’ils agréeront, et Allah est certes Omniscient et Indulgent » [Al Hajj, 58-59]. Dans un autre verset : « Et quiconque émigre dans le sentier d’Allah trouvera sur terre maints refuges et abondance. Et quiconque sort de sa maison, émigrant vers Allah et Son messager, et que la mort atteint, sa récompense incombe à Allah. Et Allah est Pardonneur et Miséricordieux. » [An-Nissa, 100].
L’Imam Al Boukhari rapporte : Qays disait : J’ai entendu Khabbâb ibn Al-Arat relater : « Nous nous plaignîmes au Messager d’Allah (salla Allahou alahi wa sallam), qui était à l’ombre de la Ka’bah, la tête posée sur son manteau, : « Pourquoi n’implores-tu pas pour nous le secours d’Allah ? Pourquoi ne pries-tu pas pour nous ? Il dit : « Parmi les peuples qui vous ont précédés, il arrivait que l’on prenne un homme, que l’on creuse un trou dans la terre puis, on l’y mettait. Ensuite, on apportait une scie que l’on posait sur sa tête et on le coupait en deux. On le peignait avec des peignes de fer, jusqu’à atteindre sa chair et ses os. Et pourtant, cela ne le détournait pas de sa religion. Je jure par Allah qu’Il donnera très certainement prédominance à l’Islam, si bien qu’une personne sur sa monture ira de Ṣanʽâ‘ à Ḥaḍramawt sans craindre quoi que ce soit, si ce n’est Allah et le loup qui menace ses moutons, mais vous êtes des gens pressé ».
L’être humain, quand bien même, pensait-il être fort, restera faible. En effet, suite aux nombreux actes de persécutions, et suite à la quasi-généralisation de l’injustice dont furent victimes les croyantes et les croyants, le Prophète (saw) donna son autorisation à quiconque voudrait émigrer pour préserver sa foi et s’installer dans une contrée où il pourrait pratiquer librement sa religion. Certains croyants se dirigèrent vers l’Abyssinie (actuelle Ethiopie)… Après quelques semaines ou quelques mois, le Prophète (saw) dira aux musulmans : « votre destination m’a été montrée [dans un rêve]. C’est une palmeraie située entre deux zones couvertes de pierres noires » [ce qui correspondait à Médine].
La hijra de la Mecque à Médine fut bien préparée et organisée avec patience, sagesse, gestion et connaissance. En effet, l’aléatoire ne peut pas être une méthode du changement en islam. Ainsi, après le succès de l’allégeance de la seconde Aqaba [des médinois au Prophète saw], le nombre des musulmans à Médine a augmenté sensiblement et les Ansars [les médinois qui soutiennent le Prophète saw] acceptèrent de recevoir, chez eux, le Prophète saw et Ses compagnons et de le protéger de ce dont ils protégeraient leurs épouses, leurs enfants et leurs richesses. Après ces évènements importants, le Prophète saw eut la révélation et l’autorisation de rejoindre ses compagnons à Médine (Madinatou Annabi) [ la ville du Prophète].
La hijra de la Mecque à Médine fut un évènement grandiose. Seuls, les femmes et les hommes du bien et du bel agir en mesurent l’importance. En effet, la hijra constitue un tournant historique. Les croyants tournèrent le dos aux épreuves, aux souffrances et à l’oppression dont ils ont été victimes durant treize ans ! … et ce, pour un espace de liberté sur une nouvelle terre de Dieu. Avec l’aide des Ansars, ils vont mettre en pratique toutes les valeurs nobles transmises par Le Messager saw. Ainsi fut constituée l’école de la fidélité pour les générations à venir. Cet évènement mérite d’être commémoré Chaque année, par fidélité à ces valeurs et ces principes nobles, pour dénoncer aussi bien toutes les formes d’injustices, que de soutenir les victimes et pour célébrer la société civile sous l’égide du Coran, chose qui était interdite à la Mecque. Ainsi, L’humanité entière va découvrir la valeur du vivre-ensemble que l’islam a apporté et réalisé à Médine et ses environs. Allah soubhanah dit : « Ni les mécréants parmi les gens du Livre, ni les Associateurs n’aiment qu’on fasse descendre sur vous un bienfait de la part de votre Seigneur, alors qu’Allah réserve à qui Il veut sa Miséricorde. Et c’est Allah le Détenteur de l’abondante grâce. » [Al Baqara, 105].
La hijra, malgré son importance historique est un évènement unique qui ne se renouvellera pas comme le précise le Prophète saw : « Il n’y a plus d’émigration après la conquête, mais il y a un effort ainsi qu’une intention. Donc, si on vous appelle à l’effort, allez-y ! » [Unanimement authentique]. Mais le Prophète saw a entrouvert la porte aux générations futures en les incitant à œuvrer pour le bien : « Donc, si on vous appelle à l’effort, allez-y ! ». Ainsi la bonne action ne prendra jamais fin tant qu’on est vivant. Le plus chanceux, est celui qui profite de sa vie avant de trépasser pour réaliser des actions en faveur de l’humanité et ne se contente pas d’en parler seulement.
Il est unanimement connu que la phase de préparation pour de bonnes réformes nécessite plus de temps que leur mise en pratique! … En lisant les histoires des prophètes Nouh, Houd, Salih, Ibrahim, Moussa, Issa et Mohamed que la paix soient sur eux, en comparant les années de sacrifice avec celles de la victoire, on remarquera que ces dernières étaient relativement courtes parce qu’ils « adoraient » effectivement Allah soubhanah durant ces moments durs. El Allah soubhanah les a récompensés en les rappelant à LUI avant qu’ils ne soient éprouvés par l’enchantement de la vie.
Celui qui a compris les approches et les démarches des Prophètes vivra heureux. Alors que Celui qui n’a pas saisi la portée de leurs actions vivra malheureux même s’il possède toutes les richesses de la terre…
A tous ceux qui, en ce moment, pensent qu’ils font partie des « misérables » parce qu’ils ont été privés d’argent, parce qu’ils ne se sentent pas en sécurité, par ce qu’ils ont quelques soucis de santé, parce que la situation les a séparé de ceux qu’ils aiment, de leurs proches et de leurs familles,… je leur dis : je vous annonce une bonne nouvelle : Dieu vous a préparé « une occasion d’adoration », saisissez-la. Saisissez-la avant que l’épreuve ne soit levée, et la délivrance acquise. En fait, avec la fin de l’épreuve (la pandémie) on oublie Dieu alors qu’on ne devrait pas le faire. Allah soubhanah dit : « Et quand le malheur touche l’homme, il fait appel à Nous, couché sur le côté, assis, ou debout. Puis quand Nous le délivrons de son malheur, il s’en va comme s’il ne Nous avait point imploré pour un mal qui l’a touché. C’est ainsi que furent embellies aux outranciers leurs actions. » [Yunus, 105].
وصلى الله على سيدنا محمد وآله وسلم