Discours du vendredi 27.12.2024 « La fin de l’année : un moment de remise en question et d’espérance. »
Ô serviteurs d’Allah, je vous recommande, ainsi qu’à moi-même, de craindre Allah, conformément à Sa parole : « Celui qui craint Allah, Il lui accordera une issue favorable et lui accordera Ses subsistances d’où il ne s’y attend pas ; et quiconque craint Allah, Il lui facilitera sa conduite, Il effacera ses fautes et lui donnera une énorme récompense. Et quiconque place sa confiance en Allah, Il lui suffit. Certes, Allah atteint Son but. Allah a assigné à chaque chose sa juste mesure. » (s. 65, v. 2-3)
Chers frères et sœurs, Pour nous, musulmans, la fin de l’année est avant tout un événement civil. Toutefois, nous vivons dans un pays où cette période occupe une place importante sur le plan social. Nous pouvons donc l’envisager comme un repère temporel, afin de nous interroger sur nos actes, de renouveler notre sincérité envers Allah et de prendre de bonnes résolutions, sans lui conférer pour autant un caractère festif contraire à nos principes.
Serviteurs d’Allah : L’année 2024 a été marquée par de nombreuses tragédies humaines, en particulier en Palestine, au Soudan et dans d’autres régions. Le monde s’est avéré incapable d’enrayer l’effusion de sang et la souffrance des peuples, malgré les décisions de la justice internationale. Cette impuissance manifeste place les chartes et les alliances face à leurs limites, et nous impose une responsabilité accrue : soutenir, par tous les moyens possibles (invocations, aide matérielle, sensibilisation), ceux qui subissent l’injustice. Quelle que soit la longueur du règne de l’oppression, elle est vouée à disparaître, car la justice d’Allah finit toujours par prévaloir. « Et ne pense point qu’Allah soit inattentif à ce que font les injustes. Il leur accordera un délai jusqu’au jour ou leurs regards se figeront. Ils courront [suppliant], levant la tête, les yeux hagards et les cœurs vides. Et avertis les gens du jour où le châtiment les atteindra et ceux qui auront été injustes diront : « O notre Seigneur accorde-nous un court délai, nous répondrons à Ton appel et suivrons les messagers ». – N’avez-vous pas juré auparavant que vous ne deviez jamais disparaître. Et vous avez habité, les demeures de ceux qui s’étaient fait du tort à eux-mêmes. Il vous est apparu en toute évidence comment Nous les avions traités et Nous vous avons cité les exemples. Ils ont certes comploté. Or leur complot est (inscrit) auprès d’Allah même si leur complot était assez puissant pour faire disparaître les montagnes. » (Ibrahim 42-46).
Malgré la douleur, l’humanité demeure vivante : L’action humanitaire se poursuit en dépit de tous les obstacles, et le bien subsistera dans la communauté jusqu’au Jour de la Résurrection. Le message de l’humanité doit être transmis de génération en génération, car les croyants sont des ambassadeurs de la bienfaisance et des acteurs du changement. Tout être humain, quel que soit le lieu où l’époque, est responsable de lui-même et des autres. En période de paix, les gens cohabitent dans la tranquillité et l’affection, s’employant à bâtir une société où règnent justice et équité. En période d’hostilités, il incombe à chacun de préserver son humanité, de compatir au sort des opprimés et de ne pas justifier la violence au prétexte du conflit. « O les croyants ! Soyez stricts (dans vos devoirs) envers Allah et (soyez) des témoins équitables. Et que la haine pour un peuple ne vous incite pas à être injustes. Pratiquez l’équité : cela est plus proche de la piété. Et craignez Allah. Car Allah est certes Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites. » (Al-Ma’ida 8).
La fin de l’année est une invitation à l’examen de conscience et à l’interrogation personnelle : qu’en est-il de nos actions ? Avons-nous rempli nos obligations envers Allah et envers les gens ? Quels pas avons-nous franchis pour nous améliorer, ainsi que nos familles et nos sociétés ? Autant de questions qui méritent des réponses concrètes, un travail de correction avant qu’il ne soit trop tard. Notre Seigneur Tout-Puissant nous appelle à l’évaluation de soi en disant : « O vous qui avez cru ! Craignez Allah. Que chaque âme voit bien ce qu’elle a avancé pour demain. Et craignez Allah, car Allah est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites. Et ne soyez pas comme ceux qui ont oublié Allah ; [Allah] leur a fait alors oublier leurs propres personnes ; ceux-là sont les pervers. Ne seront pas égaux les gens du Feu et les gens du Paradis. Les gens du Paradis sont eux les gagnants. » (Al-Hachr 18-20)
La fin de l’année n’est pas simplement un repère temporel : c’est aussi l’opportunité de se repentir, de redresser notre chemin et de nourrir l’optimisme envers un avenir meilleur, tout en œuvrant pour l’atteindre. Le Messager d’Allah ﷺ a dit : « Même si l’Heure est sur le point de se lever et que l’un de vous tient dans sa main une pousse, qu’il la plante avant de se lever, s’il le peut. » [Rapporté par Al-Bukhârî dans Al-Adab Al-Mufrad]. Cela signifie que notre responsabilité se poursuit jusqu’à notre dernier souffle.
C’est pourquoi le Noble Coran nous confronte souvent à notre responsabilité, nous rappelant et nous guidant : « Pour chaque communauté il y a un terme. Quand leur terme vient, ils ne peuvent le retarder d’une heure et ils ne peuvent le hâter non plus. » (Al-A’raf 34) Il nous oriente encore en disant : « Et pour vous il y aura une demeure sur la terre, et un usufruit pour un temps » (Al-Baqara 36) Il nous rappelle aussi : « Et, la nuit, c’est Lui qui prend vos âmes, et Il sait ce que vous avez acquis pendant le jour. Puis Il vous ressuscite le jour afin que s’accomplisse le terme fixé. Ensuite, c’est vers Lui que sera votre retour, et Il vous informera de ce que vous faisiez. » (Al-An’am 60) Telle est la loi d’Allah dans Sa création : « Il a créé les cieux et la terre en toute vérité. Il enroule la nuit sur le jour et enroule le jour sur la nuit, et Il a assujetti le soleil et la lune à poursuivre chacun sa course pour un terme fixé. C’est bien Lui le Puissant, le Grand Pardonneur » (Az-Zoumar 5) Allah s’adresse ensuite à Son Prophète Muhammad ﷺ et lui ordonne de dire à sa communauté : « Je ne détiens pour moi rien qui peut me nuire ou me profiter, excepté ce qu’Allah veut. A chaque communauté un terme. Quand leur terme arrive, ils ne peuvent ni le retarder d’une heure ni l’avancer » (Younous 49). Puis, à l’attention de ceux dont le terme n’est pas encore arrivé, individus ou communautés, Allah dit : « Puis nous fîmes de vous des successeurs sur terre après eux, pour voir comment vous agiriez. » (Younous 14). Réfléchissez à ce verset : « …pour voir comment vous agiriez. »
Nous clôturons en disant : Tout être humain aspire à la dignité, au respect de son intégrité et à la satisfaction de ses droits fondamentaux. Ainsi, il devrait aimer pour autrui ce qu’il aime pour lui-même, et détester pour les autres ce qu’il détesterait pour lui-même. Le Prophète d’Allah Muhammad ﷺ a dit : « Aucun de vous ne croit pleinement tant qu’il n’aime pas pour les autres ce qu’il aime pour lui-même. » [Aḥmad] Il déclare aussi, à l’attention de ceux qui croient en Allah et en Ses Messagers (paix sur eux) : « Un serviteur n’atteint la perfection de la foi que s’il aime pour les autres ce qu’il aime pour lui-même en matière de bien. » [Ibn Ḥibbân] Enfin, il nous indique un chemin pour vivre ensemble dans la sécurité et la paix, lorsqu’il dit : « Vous n’entrerez au Paradis que lorsque vous aurez la foi, et vous ne serez vraiment croyants que lorsque vous vous aimerez les uns les autres. Voulez-vous que je vous indique une chose qui, si vous la mettez en pratique, fera naître l’amour entre vous ? Saluez-vous les uns les autres. » [Al-Bukhârî]. La paix, la sécurité et la bienveillance sont les clés de la sérénité et le fondement d’une coexistence harmonieuse.
Que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur notre Prophète bien-aimé, ainsi que sur sa famille et ses compagnons.