Certes, la louange appartient à Allâh. Nous Le louons, nous sollicitons Son aide et Son pardon. Nous cherchons refuge auprès d’Allâh contre le mal de nos âmes et contre nos mauvaises actions. Celui qu’Allâh guide, nul ne peut l’égarer ; et celui qu’Il égare, nul ne peut le guider. J’atteste qu’il n’y a de divinité digne d’adoration qu’Allâh, Seul, sans associé, et j’atteste que Muḥammad est Son serviteur et Son Messager ﷺ. Que la prière et le salut d’Allâh soient abondamment sur lui, sur sa famille et sur ses Compagnons.
Serviteurs d’Allâh, ayez envers Allâh la taqwâ qui Lui est due. Sachez que notre croyance dans les plus beaux Noms d’Allâh ne reste pas seulement dans notre esprit : elle est une lumière qui guide notre manière de vivre et nos relations avec les autres. Elle transforme la parole du tawḥîd, « Lâ ilâha illa Allâh », d’une parole prononcée par la langue en une foi visible dans le comportement et en une réalité vécue chaque jour.
Frères et sœurs, le Coran vient ancrer dans nos cœurs cette grande vérité à travers trois noms qui reviennent avec force : Allâh, le Seigneur et la Divinité. Le Nom « Allâh » et la forme « Allâhumma » apparaissent plus de 2 650 fois dans le Coran. Allâh dit : « Allâh, il n’y a de divinité digne d’adoration que Lui, le Vivant, Celui qui subsiste par Lui-même. » [Âl ‘Imrân 2]. Le nom « le Seigneur » (Ar-Rabb) apparaît 871 fois, dont 151 fois sous une forme indéfinie. Allâh dit : « Paix ! Une parole venant d’un Seigneur Miséricordieux. » [Yâ-Sîn 58].
Et le nom « la Divinité » apparaît 93 fois. Allâh dit : « Votre Divinité est une Divinité unique. Il n’y a de divinité digne d’adoration que Lui, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. » [Al-Baqara 163]. Les savants de la langue et du tafsîr se sont arrêtés sur ces noms avec respect. Ibn Fâris, qu’Allâh lui fasse miséricorde, a dit : « Al-Ilâh est Allâh, exalté soit-Il, et Il est ainsi nommé parce qu’Il est adoré. » ‘Abd Allâh ibn ‘Abbâs, qu’Allâh les agrée tous deux, a dit : « Allâh est Celui à qui appartiennent la divinité et l’adoration sur l’ensemble de Ses créatures. » Et l’imam al-Ṭabarî, qu’Allâh lui fasse miséricorde, a dit : « Il est Celui que toute chose adore et que toute créature adore. ».
Serviteurs d’Allâh, le Nom « Allâh » est un nom propre qui, dans la langue arabe, n’a jamais été mis au duel ni au pluriel. Il indique Son unicité absolue, sans égal ni semblable. Allâh dit : « Lui connais-tu un homonyme ? » [Maryam 65]. Quant au terme « le Seigneur » (Ar-Rabb), lorsqu’il est employé de manière absolue, il ne désigne qu’Allâh : le Possesseur, le Maître, Celui qui comble de bienfaits et qui éduque. Pour une créature, il n’est utilisé qu’en étant rattaché à autre chose, comme lorsqu’on dit : « le maître de la maison ».
Frères et sœurs, connaître Allâh par Ses Noms, ce n’est pas seulement apprendre leurs significations. Cette connaissance nourrit le cœur et fait vivre l’âme. Ibn al-Qayyim, qu’Allâh lui fasse miséricorde, a dit : « Les âmes n’ont jamais besoin d’une chose autant qu’elles ont besoin de connaître leur Créateur, de L’aimer, de se rappeler de Lui et de se réjouir en Lui. Celui qui perd cette vie perd tout le bien. Même s’il recevait en compensation tout ce que contient ce monde, cela ne la remplacerait pas ; car si Allâh lui échappe, rien ne peut Le remplacer. »
Parmi les plus grands fruits de cette foi, il y a d’abord la dignité que le croyant trouve auprès d’Allâh : son cœur ne se laisse plus dominer par la crainte des créatures. Il sait que toute souveraineté appartient à Allâh et que toute puissance Lui appartient. Allâh dit : « Quiconque recherche la puissance, alors toute la puissance appartient à Allâh. » [Fâtir 10]. Combien de personnes se sont appuyées sur leurs biens ou leur autorité, puis les ont perdus et ont dit avec regret : « Mes biens ne m’ont servi à rien. Mon autorité a disparu. » [Al-Ḥâqqa 28-29].
Cette foi nous apprend à nous tourner vers Allâh dans les moments difficiles, en L’invoquant par Son Nom suprême et avec les paroles que le Prophète ﷺ prononçait dans l’épreuve. Il est rapporté dans les deux Ṣaḥîḥ et dans les recueils de Musnad que, lorsqu’une affaire préoccupait le Prophète ﷺ ou qu’une épreuve le touchait, il disait : « Il n’y a de divinité digne d’adoration qu’Allâh, l’Immense, le Longanime. Il n’y a de divinité digne d’adoration qu’Allâh, Seigneur du Trône immense. Il n’y a de divinité digne d’adoration qu’Allâh, Seigneur des cieux, Seigneur de la terre et Seigneur du Trône noble. ». Ce sont des paroles de soulagement face aux soucis et aux détresses.
Notre foi nous appelle à être des « rabbâniyyîn » croyants attachés à Allâh, qui mettent leur foi en pratique dans leur vie quotidienne et dans leurs relations avec les autres. Allâh dit : « Mais soyez des rabbâniyyîn, puisque vous enseignez le Livre et puisque vous l’étudiez. » [Âl ‘Imrân 79].
Selon Ibn ‘Abbâs et al-Ṭabarî, le rabbânî est celui qui possède la science, agit selon ce qu’il sait, éduque les gens avec sagesse et veille à mettre leurs affaires en ordre.
Comment cela se traduit-il aujourd’hui ? Dans la famille et les liens de parenté, nous mettons en pratique la parole d’Allâh : « Craignez Allâh au nom duquel vous vous implorez les uns les autres, et respectez les liens de parenté. Certes, Allâh vous observe parfaitement. ». Nous élevons nos enfants dans le licite et la pudeur, nous entretenons les liens de parenté et nous protégeons nos familles de la désunion en gardant à l’esprit qu’Allâh nous observe.
Dans notre comportement et notre attitude, nous suivons l’exemple du Prophète ﷺ, qui a dit : « La bonne tenue, la pondération et la modération constituent une part parmi vingt-quatre parts de la prophétie. ». Nous cherchons ainsi à incarner la dignité, la sérénité et la maîtrise de soi.
Dans la vie en société, le voisinage et le travail, lorsque les musulmans accomplissent leur travail avec soin, rendent les dépôts qui leur sont confiés, respectent leurs engagements et se montrent bienfaisants envers leurs voisins, quelles que soient leur communauté ou leur langue, ils traduisent concrètement leur foi en Allâh, « Celui qui connaît l’invisible et le visible », « Celui qui observe » et « le Témoin » de tous nos actes.
Serviteurs d’Allâh, en conclusion, « Lâ ilâha illa Allâh » est la provision du Jour de la rencontre, la forteresse du croyant et une invocation complète.
Premièrement, la parole du tawḥîd est la plus grande provision que le serviteur emporte pour le Jour du retour. L’imam Aḥmad rapporte, d’après ‘Abd Allâh ibn ‘Amr, qu’Allâh les agrée tous deux, que le prophète Nûḥ, paix sur lui, dit à son fils au moment de la mort : « Je t’ordonne de dire : Lâ ilâha illa Allâh. Si les sept cieux et les sept terres étaient placés sur un plateau de la balance, et Lâ ilâha illa Allâh sur l’autre, Lâ ilâha illa Allâh l’emporterait.»
Deuxièmement, elle est une protection contre le Shayṭân et une cause de préservation du Feu. Dans Ṣaḥîḥ al-Bukhârî, le Prophète ﷺ a dit : « Celui qui dit cent fois dans une journée : “Il n’y a de divinité digne d’adoration qu’Allâh, Seul, sans associé. À Lui la royauté et à Lui la louange, et Il est capable de toute chose", aura la récompense équivalente à l’affranchissement de dix esclaves, cent bonnes actions lui seront inscrites, cent mauvaises actions lui seront effacées, et cela sera pour lui une protection contre le Shayṭân durant sa journée jusqu’au soir. » Le Prophète ﷺ a également dit : « Allâh a interdit au Feu celui qui dit : “Lâ ilâha illa Allâh”, recherchant par cela la Face d’Allâh. »
Troisièmement, gardons nos langues vivantes par le dhikr d’Allâh. Un bédouin vint au Prophète ﷺ et lui dit : « Ô Messager d’Allâh, les prescriptions de l’islam sont devenues nombreuses pour moi. Indique-moi donc une chose à laquelle je puisse m’attacher. » Le Prophète ﷺ répondit : « Que ta langue ne cesse d’être humide du rappel d’Allâh. ». Et ‘Umar ibn al-Khaṭṭâb, qu’Allâh l’agrée, a dit : « Ne vous occupez pas du rappel des gens, car c’est une épreuve. Attachez-vous au rappel d’Allâh, car il est une miséricorde. »
Souvenons-nous, serviteurs d’Allâh, que la réforme du cœur commence par une foi saine et solidement établie. Cette foi est protégée, grandit et porte ses fruits par le rappel d’Allâh. Le dhikr apaise les cœurs et contribue à corriger ce qu’ils portent d’angoisse et d’agitation. Allâh dit : « Ceux qui ont cru et dont les cœurs s’apaisent au rappel d’Allâh. N’est-ce point par le rappel d’Allâh que les cœurs s’apaisent ? » [Ar-Ra‘d 28]
La parole du tawḥîd est la plus grande vérité qui s’établit dans le cœur. De là prennent naissance les autres vertus. Lorsque l’être humain connaît véritablement son Seigneur, qu’il garde à l’esprit Son regard et Sa grandeur, sa mesure se redresse et son comportement retrouve l’équilibre. Allâh dit : « Et quiconque croit en Allâh, Il guide son cœur. Et Allâh est Omniscient. » [At-Taghâbun 11]
Que la prière et le salut d’Allâh soient sur notre maître Muḥammad et sur sa famille.
